À défaut de fermer vos gueules, fermez au moins la porte

Ah oui je voulais dire une chose. Les gens, est-ce que vous pourriez fermer la porte quand vous entrez ou sortez du gymnase ? Quand vous sortez d’un bâtiment, surtout par temps froid, comme maintenant, vous fermez la porte, non ? Bon ben un gymnase c’est la même chose. Je dis ça parce qu’hier c’était les interclubs de badminton, au gymnase d’Aurillac et je sais pas, c’était un peu open-bar au niveau de chauffer les corneilles, y avait vraiment pas de respect.
En fait faut que vous vous rendiez compte d’une chose, c’est que j’ai un niveau D9, bientôt D8 (ce qui n’est pas oufissime non plus, oui, j’en conviens), ce qui veut dire qu’on ne se contente pas de pousser le volant comme on fait l’été sur la plage ou à l’ombre de grands arbres, non, c’est un sport, c’est un engagement athlétique, il y a de la précision, de la stratégie, et alors déjà la porte ouverte ça fait un courant d’air glacé qui expose nos corps ultra-sollicités et donc, forcément fragiles (nous les athlètes passons parfois pour des machines, c’est vrai, mais des machines fonctionnant à 100%, voire 120% de leurs capacités, des tueries à haut rendement, qu’un petit grain de sable peut venir dérégler) au coup de froid, qui est la hantise du sportif de haut niveau.
Et surtout, le courant d’air modifie la trajectoire du volant, 5 grammes de beauté surnaturelle que nous, les joueurs de badminton, sculptons en alliant puissance et précision.
Eh oui, nous les joueurs de badminton nous sommes un peu le fruit du croisement entre une dentellière, rapport à la précision et la beauté de notre œuvre, et des ingénieurs spécialisés  en trajectoire et en aérodynamie. C’est un travail de précision ultime, qu’un rien vient détruire. Et donc quand je tourne autour de mon revers pour prendre le volant coup droit et mettre une mine long de ligne, ou au contraire distiller une merveille d’amorti croisé en masquant habilement mon geste et que la trajectoire du volant est altérée parce qu’un connard de civil a omis de fermer la porte, c’est très énervant. C’est probablement de la négligence, vous ne vous rendez pas compte, et je n’ose imaginer que c’est méchanceté de votre part, mais en fait votre inattention vient ruiner des années de travail et de sueur pour aboutir à la perfection.
Or, la perfection étant l’idéal de l’humanité, ce n’est pas moi que vous attaquez, mais l’humanité entière ; vous détruisez notre avancée multimillénaire patiente, menée à petits pas de fourmis, vers l’âge d’or de la perfection de la technique et donc, l’atteinte du bonheur ultime – vous lirez avec profit certains textes d’Auguste Comte, par exemple.
Donc vous êtes gentils, à partir de maintenant vous fermez toutes ces putains de portes dont il semble que vous preniez un malin plaisir à les laisser ouverte.

Ha oui, également, si, quand je fais un dégagement qui tombe dans le couloir, vous pouviez arrêter de dire en rigolant « En double, ce serait bon ! » avec votre petit air de connivence débile, j’apprécierais pas mal. Quand vous donnez naissance à un connard de chiard tout fripé, avec sa face rougeaude et grotesque, qui ne ressemble absolument pas à l’un ou l’autre des parents, je ne dis pas « dans la catégorie crétin des Alpes, ce serait bon ». Voilà.

 

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