Cinéma et SIDA

Bon je vais vous dire un truc les amis : la semaine dernière je suis allé voir High Life, de Claire Denis, et avec Bob (Pattinson), et Juju (Binoche). Hé ben c’est un peu chelou hein, mais c’était pas mal. Ça vaut le coup d’y aller, histoire de se sortir les doigts du cul et d’arrêter d’aller voir des Marvels (qui sont absolument tous nuls, puérils, infantilisants et sans aucun enjeu esthétique ou narratif. Voilà, ça c’était la minute avis péremptoire de Herbert. Venez me chercher les geeks, je vous attends).
Alors bon y a quand même un problème majeur dans ce film, et ce problème il s’appelle Juliette Binoche. Un film avec cette actrice ne peut JAMAIS être complètement bien. Le film en lui-même peut être chouette et intéressant, je dis pas, mais la présence de Juju casse toujours un peu tout.
En fait, aller voir un film avec Juliette Binoche, c’est un peu comme baiser sans capote avec une personne dont on sait qu’elle a le SIDA : l’acte en lui-même peut être génial, genre on commence par plonger le nez dans son sexe brûlant et moite, assailli d’odeurs et de sensations languides, quasiment tropicales, puis enchaîner sur une levrette de folie, empoignant vigoureusement ses seins pendant que l’on pilonne, et puis c’est à elle de nous chevaucher, ses yeux bleus irisés plongés dans les nôtres dans une communion mystique, l’univers s’arrêtant autour de nous, le désir se fracassant sur nos corps comme la cascade de ses cheveux blonds vénitiens, tissés de mille nuances, nous environnant, nous submergeant, l’odeur musquée du plaisir pénétrant tous les pores de notre peau, gravée pour l’éternité dans nos êtres, et pour finir, la conjonction organique de l’extase, l’épiphanie universelle partagée avec chaque atome de l’univers tandis que s’écoule la magnifique semence au goût de miel, mélangée à la sublime cyprine, mets des dieux et des amoureux, mais, quand même, malgré tout, enfouie au plus profond d’entre nous, demeure une inquiétude, un mouvement de résistance, une fragrance amère qui nous empêche de profiter pleinement du goût sucré de la cyprine, parce qu’entre deux gémissements de plaisir, on se dit « merde, le SIDA quand même, putain j’ai voulu faire le mec sympa et sans préjugés, quand elle m’a dit « je préfère baiser sans capote, par contre j’ai chopé le VIH » j’ai cru que VIH c’était un type du boulot, j’ai pas fait gaffe, et ce n’est que maintenant, alors que je suis en train de lui mettre une cartouche, que je fais le rapprochement, putain c’est chaud, en même temps je ne veux pas passer pour le mec impoli et me retirer maintenant, à tous  les coups après elle va foutre un truc féministe sur Facebook, genre #TuM’asPasFaitJouir, alors que punaise moi je suis le bon gars, pas du genre macho teubé pénétro-auto-centré, j’suis dans le partage merde mais là putain le SIDA c’est chaud, alors bon je veux bien qu’ils aient fait des progrès, avec les tri-thérapies et tout, on peut vivre avec le SIDA maintenant on n’est plus dans les années 80, on finit pas tout maigre avec la peau qui part et des diarrhées dégueulasses, mais quand même c’est un peu relou, déjà que j’avais chopé de l’herpès y a trois mois ça commence à faire beaucoup, en plus c’est vraiment dommage là c’est vraiment de la bonne baise,  pour citer San Antonio « Je me sens un pilon comme jamais, la seule différence entre ma bite et une enclume c’est qu’une enclume n’a pas le goût de foutre ».
Voilà ce qui se passe quand on baise avec une meuf – ou un mec, c’est à peu près pareil je suppose, j’ai jamais fait -qui a le sida – ou n’importe quelle autre maladie sexuellement transmissible, y en a plein hein moi je m’en fous ça marche très bien avec la chlamydia ou la blennorragie je suis pas sectaire – et faut avouer que ça gâche un peu le plaisir, indépendamment de la qualité intrinsèque du rapport.

Pour résumer : si vous êtes fans de films dans l’espace et de Juliette Binoche, ce film est fait pour vous, sinon, allez-y quand même parce que c’est intéressant. En revanche, si vous n’aimez ni le cinéma, ni l’espace, ni Juliette Binoche, allez vous faire foutre.

 

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