Mon chômage, ma consécration

Oh mon Dieu ! Ça y est ! C’est arrivé ! 
Est-ce que vous vous rendez compte, bande de trous à merde mal essuyés, que c’est la première fois que j’ai autant d’argent de toute ma vie et qu’il a fallu que j’attende d’être au chômage pour ça ?

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont toujours cru en moi, qui m’ont encouragé, qui m’ont poussé à donner tout ce qui était en moi, à ne pas ménager mes efforts pour glander, persuadés qu’un jour, oui, ça paierait.

Je remercie tout particulièrement mon père, qui, entre deux apéritifs bien chargés, m’enjoignait, l’haleine chargée des vapeurs de l’alcool bon marché – généralement du vin d’Espagne au cubi parce que c’est pas cher et que c’est une belle façon de voyager – de, je cite, « envoyer chier ces connards de prolétaires qui passent leur vie à se faire enculer par des patrons pour se retrouver, à la retraite, avec à peine de quoi s’acheter de la pommade pour les hémorroïdes » (la traduction en français moderne est de moi).
Je voudrais également faire part de ma gratitude au Lycée Expérimental de Saint Nazaire, qui m’a appris que, plutôt que de se trouer le cul pour passer son bac, bah valait mieux se boire une petite bière sur la plage, tranquillou, en lisant Ivan Illich et sa « Société sans école ».

Je remercie également le département de Médiation Culturelle de Paris-III qui m’a délivré un diplôme de recherche tout à fait inutile pour l’intégration sur le marché de l’emploi.

Enfin, mes pensées vont à cet employeur de Gibert Joseph qui m’avait proposé un contrat de 10 heures par semaine étalé sur 2 jours et demi et que j’ai envoyé se faire foutre au téléphone parce qu’il y a pas marqué « suceur de bites » sur mon CV. Honnêtement, je crois que je suis cramé pour Gibert Joseph (pas d’inquiétude, je n’ai pas utilisé le terme « suceur de bites » au téléphone, je ne suis pas complètement taré), et ça tombe bien parce que c’est des enculés, je préfère leur voler des bouquins à ces chiens, de toutes manières je suis au RSA je peux pas payer tu vas faire quoi tu vas appeler les flics ? Et puis de toutes façons je cours plus vite que toi ah ah ah ah ouais mon gars à la course je suis un cador, rapport à mon enfance de misère quand je devais voler des bouteilles d’alcool pour mon père et je peux te dire que j’en ai semés des flics dans mon enfance ma vie c’était du Dickens mon pote ouais tu crois quoi moi j’ai connu la misère cette chienne de vie elle m’a pas fait de cadeau mais tu sais quoi bah au bout du compte la vraie humanité je l’ai connue dans la rue toi tes valeurs c’est quoi c’est juste le fric ton compte en banque il est rempli mais ton coeur il est vide et devine quoi quand tu seras au bord de la mort tu pourras pas t’acheter une âme tu ne seras qu’une coquille vide et ce jour-là tu regretteras d’avoir été un fils de pute et tu te demanderas à quoi ça t’aura servi d’avoir voté Macron et les larmes qui couleront le long de tes joues décharnées elles auront pas le goût du sel mais celui de l’amertume et de la filsdeputerie et elles creuseront des sillons douloureux dans ta peau grisâtre et ça te brûlera comme de l’acide et tu réclameras la mort mais la mort elle-même elle ne voudra pas de toi et tu là tout d’un coup ta pavoiseras moins mon gars oh putain sale pine pourrie comme je te déteste.

Mais je m’égare un peu. Mon psychiatre disait souvent « Bérenger vous n’êtes pas un mauvais gars mais vous avez tendance à vous égarer un peu, c’est dommage, comme la dernière fois avec cette histoire de pic à glace et ces 6 victimes, c’est regrettable, il faut vous concentrer un peu et ne pas perdre de vue l’essentiel : les allocations chômage ». Ok, je me calme.

Je vous aime les ami-e-s. Et qu’une chose soit claire : la prochaine fois c’est moi qui paye mon coup !

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