Les élections en Suède : pour une analyse historico-politique des rapports de force

[10 septembre 2018]

Ce matin mon père me demandait quelle était l’ambiance en Suède après les élections. Je lui ai dressé le tableau le plus exact possible de la situation. Voici quelle a été réponse.

« Cher père, depuis que l’extrême droite est devenue la troisième force politique, c’est la terreur qui règne. Dès le matin, des milices fascistes ont commencé à patrouiller dans les villes et les campagnes, jusque dans les moindres villages, entraînant derrière elles une foule de plus en plus nombreuse, vociférante et dépenaillée, le visage déformé par les stigmates de la haine raciale. Tout ce qui n’est pas blond et ne mesure pas au moins un mètre quatre vingt.cinq est l’objet de leur vindicte. Francois et moi avons dû notre salut – qui n’est, je le crains bien, que provisoire -, à Anne-Lena dont la blondeur nordique et l’accent guttural nous ont permis de gagner quelques secondes précieuses et d’atteindre de profonds marécages infestés de moustiques et de fuyards qui, comme nous, ne pouvaient arborer la pureté raciale scandinave en étendard. La fortune nous a fait rencontrer un indigène qui, en contrepartie de faveurs sexuelles dont l’ignominie ferait passer les perversions du marquis de Sade pour d’innocentes peccadilles, nous a fourni un flacon de laque blonde. Mes yeux bleus et mon port naturellement altier m’ont permis, une fois transformé, de me fondre dans la foule, contrairement à Francois, trahi par son mètre soixante cinq. L’infortuné, découvert, s’est vu traîner sur la place publique et sodomiser sauvagement par quatre gaillards monstrueusement membrés, qui l’ont percé de part en part avec leurs chibres nordiques.
Quant à moi, j’ai été contraint de me mêler à la foule vociférante, arpentant les rues festonnées de terribles étendards vikings, contemplant malgré moi ce pogrom infâme, et je me sentais, au milieu de ce funeste pandemonium, comme Stefan Zweig contemplant l’humanité retombée en barbarie, et je tremblais d’un singulier effroi devant l’avancée inexorable de la folie racialiste et nationaliste.
Bientôt tout ne sera que ruines fumantes, et il faudra ériger un monument en mémoire de l’humanité, définitivement perdue. Dans quelques jours, quand cette folie se sera, sinon évanouie, du moins quelque peu apaisée, je tenterai de rejoindre nuitamment les cotes allemandes, bien que j’exècre ce pays et ses habitants, que l’on a déjà vu à l’oeuvre au cours de l’histoire. De là, peut etre parviendrai-je à rallier la France qui, grâce à Emmanuel Macron, est devenue comme un phare dans la plus fuligineuse des nuits que l’humain ait connue. Et je ne doute pas que, sous sa férule, nous ne puissions ramener l’Europe à la raison.
A bientôt, cher père, et qu’Édouard Philippe vous garde.
Affectueusement,
Votre fils (ou supposé tel).

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