Predator encule tes morts

[LE POINT CULTURE DU MERCREDI SOIR]

Bon je vais pas vous mentir, je suis allé voir The Predator ce soir. Eh ben, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, c’est extrêmement mauvais. Ouais. Le seul intérêt dans ce film, c’est la biologiste trop mignonne qui se laisse pas marcher sur les pieds, oh non, moi je peux vous dire que je kifferais bien parler biologie avec elle, moi les cellules ça a toujours été mon truc, le noyau, le truc autour du noyau, là, vous savez, ça a un nom ce machin, à tous les coups, putain ça me revient pas, enfin bref moi la biologie c’est mon kiff (d’ailleurs savez-vous c’est quoi le comble pour un(e) biologiste ? C’est de se faire arrêter par les flics et d’aller en cellule, lol putain c’est pas si drôle que ça hein, faut être honnête). Mais alors par contre putain je comprends pas on la voit jamais à poil ça n’a aucun intérêt ce film, genre elle est dans le sas de décontamination, paf, elle enlève ses vêtements, et comme par hasard eh ben y a une cloison et ON VOIT QUE DALLE. Oh putain ce que j’ai pu enrager bordel de merde.
En tout cas, à part notre amie la professeure Brackett, eh ben les personnages c’est n’importe quoi. Mention spéciale pour le petit môme autiste génial qui, en une nuit, réussit à déchiffrer le langage des Predator, comme ça, tranquillou, en mode Champollion le petit chtarbé, alors que ça fait trente ans – oui j’ai bien dit trente ans – qu’il y a des putains de scientifiques qui essayent de savoir ils disent quoi, ces cons de Predator. Nan mais putain les gars vous les avez trouvés dans un CAT – Centre d’Aide par le Travail, maintenant on dit ESAT mais on s’en fout – vos scientifiques ou quoi ? Nan mais je comprends pas pourquoi ils lancent pas un putain de programme de détection des chtarbés, là, c’est pas difficile, il suffit de repérer les petits trous du cul qui sont premiers du club d’échec de l’école et qui se font martyriser, hop, tu les récupères, tu les fous devant un Rubiks Cube et une anthologie de toutes les parties d’échec depuis 1545 pour les faire attendre et hop quand tu as besoin tu leur fais résoudre ton problème hyper compliqué, en mode Will Hunting, puisque ça a l’air si simple.
Ou alors, mieux, tu sais quoi ? Il faudrait créer une application, le nom définitif faut le trouver, pour le moment le nom de code ce sera « Chtarbé », hop, tu recenses et tu géolocalises tous les petits chtarbés, et paf quand tu as un programme secret qui te coûte des milliards de fonds fédéraux secrets et que tu trouves pas le résultat, exemple, déchiffrer le langage Prédator ou trouver le médicament contre l’autisme – heu attends merde si on soigne l’autisme on n’aura plus de petits génies pour traduire ces cons de Predator bon on laisse tomber le médicament contre l’autisme DE TOUTES FAÇONS C’EST LES VACCINS QUI CAUSENT L’AUTISME ON VOUS MENT BORDEL REVEILLEZ-VOUS – paf tu te connectes avec ton smartphone, et boum tu vois tous les petits autistes aux alentours, tu réserves, et puis bon au bout d’un quart d’heure tu l’as ton chtarbé et si il est livré AVANT 17 heures bon ben ton problème est résolu pour 20 heures c’est hyper pratique tu te fais pas chier et ça te coûte que dalle le chtarbé tu lui files un choco BN il est content.
Des fois je me demande si je suis pas autiste, pour avoir des idées géniales comme ça. Alors bon vous allez me dire « Herbert, sacré fils de pute, tu ne connais que six décimales de PI alors essaye pas de nous faire croire que tu es un autiste de génie », mais je vous ferai remarquer que quand j’avais dix ans, eh ben j’en connaissais une vingtaine, soit le double du nombre de mes années. C’est troublant quand même non ?
En tout cas dans le film le personnage du petit autiste bah il est plutôt chiant, et puis vraiment si on veut regarder un film de merde avec le putain de blabla du môme qui, au fond, veut trouver son père absent – en l’occurrence, occupé à buter des connards à l’autre bout du monde -, le tout enrobé de phénomènes surnaturels, bon bah on n’a qu’a regarder un film de Spielberg et puis c’est tout, le type il a fait une bonne quinzaine de films sur le sujet donc pourquoi se faire chier la bite ? Comme par hasard personne ne répond, peut-être que c’est parce que J’AI RAISON ?

Alors après par contre y a des moments émouvants, par exemple à la fin bon ben tous les potes du héros ils sont morts – oups, spoiler, désolé, ou alors c’est de la psychologie inversée ? ah ah ah vous pavoisez moins bande de fils de pute -, et il est avec son fils qui lui, n’est pas mort, et y a un cor qui résonne dans l’air au loin, – enfin ça reste de la musique extra-diégétique enflammez-vous pas – un truc un peu militaire, un peu hiératique, un peu hommage aux morts, et c’est hyper émouvant moi sérieux j’avais les larmes aux yeux, la dernière fois que ça m’a fait ça c’était durant le générique d’American Sniper, c’est pour dire. Rien que pour ce moment, ce film il vaut la peine d’être vécu.

Pour résumer, si vous aimez le cor et les enfants autistes et les biologistes sexy, foncez, sinon, abstenez-vous et regardez plutôt un film de Bergman.

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *