Une petite devinette

Nous sommes vendredi les amis, et le vendredi y s’passe quoi, comme dirait Charles ? « On mange du poisson ? » vont demander les fayots. Putain mais quelle bande de cons. Non, le vendredi, c’est devinette, par conséquent on va jouer à « J’suis qui ? ». L’intérêt étant également de vous permettre de vous cultiver à moindres frais, bande d’ignares, c’est une devinette à dominante culturelle. Je dirais même plus : à dominante cinématographique.

 

Avec mes yeux plissés, mes dents serrées et mon air pincé j’ai toujours l’air de souffrir de constipation.

Depuis quasiment soixante ans que je traîne sur les plateaux de cinéma, j’ai adopté un jeu minimaliste, que certains cons qualifieront de minéral et dont s’est probablement inspiré Ryan Gosling qui, comme moi, ne dispose que de deux mimiques pour exprimer l’immensité des émotions qui peuvent traverser l’âme humaine. Certains appellent ça du talent, d’autres appellent ça un mauvais acteur.

Plus je vieillis, plus mon jeu devient lapidaire.

Vieux réac bougon, je suis parfois saisi d’une fulgurance humaniste, ce qui permet aux bobos cinéphiles de se pâmer et ainsi aux critiques teubés de Telerama d’attribuer deux (TT) ou trois (TTT) aux films dans lesquels je joue, ou même que je réalise.

Il m’arrive de me ridiculiser en parlant à une chaise lors des conventions du parti républicain.

Adepte, en bon gros beauf américain, des récits édifiants et ronflants mêlant histoires intimes, souvent familiales, et soubresauts de l’histoire américaine, je viens de réaliser un documentaire animalier inepte pour National Geographic, dont le titre est le nom d’un animal qui ne se laisse pas marcher sur les sabots.

Blogorrhée n’est pas fan de moi.

Je suis, je suis…

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