Du rapport étroit qu’entretiennent pizza et sodomie

A chaque fois que je suis à la pizzeria et que je réponds « 30 cm » quand le type me demande quelle taille je veux, je m’imagine que le gros Toni va sortir de son arrière boutique, comme un satyre surgissant de son antre obscur, le sexe enfariné, turgescent, rougeoyant, en m’annonçant que je vais les sentir, ses 30 cm, et moi qui tente de répondre en bafouillant qu’il y a une erreur, et lui répliquant qu’il en a marre des petites baltringues qui viennent frétiller sous son nez comme le poisson sous la canne du pêcheur, qui l’allument et puis qui repartent, et qui croient pouvoir s’en tirer comme ça ; puis le gros Toni me saisit, me retourne contre le comptoir, et moi je sens son haleine contre mon oreille et le poids de son corps exsudant l’huile d’olive rancie et l’origan écrasant le mien, Toni qui me susurre « Tu n’auras pas mal, je vais t’oindre le trou de balle avec la sauce piquante maison », enfournant sauvagement son sexe dans mon petit trou comme le boulanger enfourne un pain dans le four brûlant, entamant son oeuvre, les chairs claquant contre le comptoir, les muqueuses mutilées, et moi je regarde au dessus du comptoir les horloges qui indiquent l’heure à Paris à Tokyo à Buenos Aires à Canberra mais qu’importent les aiguilles, qu’importent les méridiens, ce sera toujours l’heure du viol tandis que s’échappent de la cuisine des effluves de chanson napolitaine crachés par un vieux poste de radio que recouvrent les ahanements du rital qui tout à coup me demande si je veux profiter du tarif étudiant, et moi je réponds effrayé que je ne suis plus étudiant, j’ai mon Master, je suis un adulte désormais, est-ce que je peux m’en aller maintenant et je me passerai de la boisson, merci, mais le gros rital, m’écrasant la tête sur le comptoir, me bavant dans le cou, réplique qu’avec mes cheveux longs je suis probablement une petite tapette, et qu’à ce titre je mérite le tarif étudiant, qui consiste en 20 gros coups de bite gratuits, et le voilà qui se remet à l’ouvrage, fouissant dans mes entrailles comme un caterpillar, finissant enfin son affaire, se déchargeant en trois spasmes électriques, lançant en partant qu’il m’a laissé du mascarpone pour mon tiramisu, il rit en disant ça, et moi désarmé, sodomisé, ravalant mes larmes, jurant, mais un peu tard, que l’on ne m’y reprendra plus.

Voilà ce qui se passe dans ma tête quand je commande une pizza.

#metoo
#gastronomie
#traumatisme

2 Comments Du rapport étroit qu’entretiennent pizza et sodomie

  1. Pingback: Pourquoi un blog ? - BLOGORRHÉE

  2. Pingback: Je suis gay, et je vous conseille de bien aller vous faire enculer - BLOGORRHÉE

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *